Présentation

Le terme « broken music » est repris du nom d’une triple exposition initiée par la daadgelerie de Berlin en 1989, puis diffusée successivement à La Haye et Grenoble. Lui-même était inspiré du vocable générique employé dans les années 1960 par Milan Knížák pour désigner ses assemblages faits de débris de disques, qui conciliaient les dimensions conceptuelles, matérielles, optiques et acoustiques de son projet en perturbant les vénérables conventions que charriaient ces objets et leur contenu. Son association au sous-titre qui complète l’intitulé de ces interventions donne un aperçu du programme que nous nous sommes fixés : il s’agira d’y croiser préoccupations plastiques et sonores, hors de leurs clous respectifs, et d’envisager en conséquence la possibilité d’une musique de sourd et d’un art à tâtons.
Ce que nous entendons par « musiques déviantes » déborde cependant cette première assertion, insistant sur les porosités conjointement performatives dans les champs des arts plastiques et de la musique, parmi d’autres disciplines : le futurisme italien en donnait déjà la preuve en 1913, le Sound Art en constitue l’expression contemporaine. Le terme convoque plus globalement des formes musicales ou sonores décalées, voire déviantes si l’on considère leur dimension éventuellement transgressive. Elles sont en tous les cas inhabituelles, inventives, surprenantes, stimulantes et même vitales en regard de la production aliénante proposée depuis plus d’un siècle par l’industrie du divertissement. Ces formes relèvent d’ailleurs indifféremment des domaines dits « populaire » ou « savant », éminemment perméables l’un à l’autre, ainsi que l’Histoire nous le montre. Dans le premier cas, le bruitisme, les musiques acousmatique et concrète, l’électroacoustique, l’indétermination, le minimalisme ou les pratiques inspirées du field recording en donnent des exemples puissants et convaincants, parmi d’autres, que ces termes désignent des genres ou des méthodes. Dans le second, d’innombrables niches qualifiées de « sous-culturelles » en témoignent (du Krautrock à la Noise en passant par la musique industrielle), qui défient le modèle dominant et s’autonomisent par la mise en place d’économies alternatives qui favorisent justement l’inventivité des protagonistes en présence. On notera d’ailleurs que dans bien des cas, les seconds sont parfaitement informés du travail accompli par les premiers, et vice-versa.
On le comprend, l’objectif visé par ce programme consiste à croiser les questionnements à l’œuvre dans les sphères savantes et populaires ainsi que, simultanément, dans les domaines plastiques et musicaux. Prenant désormais la forme d’un ARC, cette troisième session de Broken Music permettra d’adjoindre un workshop aux exposés théoriques et historiques, aux moments d’écoute et de visionnage. Hormis le workshop, nous envisageons surtout qu’une partie des séances soient consacrées à l’expérience sonore et musicale, afin d’insuffler la véritable dynamique pratique désirée par certains d’entre nous à l’ESADTPM, étudiants comme professeurs.
Partant d’une sensibilité partagée à l’égard de ces éléments et des croisements qu’ils rendent possible, la perspective d’un partenariat avec le Conservatoire TPM semblait, en conséquence, tout indiquée. Par-delà les questions relatives aux compétences et aux moyens engagés, les périodes d’atelier, notamment, permettraient en outre de croiser l’effectif de l’école d’art et celui du conservatoire.

 

En partenariat avec l'ESADTPM

 

Photo © Édouard Monnet

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